J'ai la fièvre de la vie... j'ai la fièvre de l'espoir... mais j'ai le rhume de l'abandon... Dois-je y repenser, encore et encore ? Dois-je retourner cette histoire dans ma tête ? Dois-je espérer encore connaître le bonheur ? Bonheur... synonyme d'amour dans mon vocabulaire personnel, celui du Larousse je le ressent si souvent que s'en est injuste... Je voudrais savoir, vivre ça doit faire si mal ? Vivre ça dois griffer dans l'âme les stigmates des espoirs déchus, telle les anges des ténèbres guettant l'armagedon ? Suis-je si étrange ? Dois-je suivre l'exemple des poètes torturés dont la douleur de vivre à permis de donner la vie à des plaisirs si purs et si rares ? Dois-je me résigner ? Dois-je me battre ? Je suis cyclothymique. "Cyclothymie : Voici maintenant un sujet présentant tantôt des périodes très brillantes, très productives, où le travail est facile et l'humeur euphorique, et d'autres périodes ternes, arides, où l'humeur est déprimée, et où les élans font place à un certain découragement, sans toutefois se manifester très nettement. Mais il peux aussi se présenter sous la forme d'une période d'euphorie où le sujet aura une attitude extravagante, fuites des idées, perte du sens critique... et la période de découragement, où le sujet aura une des accablements douloureux, avec idées de ruine et d'autoaccusations... tel sont les syndromes de la cyclothymie simple avec aspiration à la mélancolie." Psychoses et Névroses, H.Baruk. Je suis changeante, je change sans arrêt. Mais je ne le désire pas... Je suis évaporée, je m'étiole dans toutes les directions, je m'échappe par les fentes de l'esprit, loin de ce corps étriqué qui me serre et me renferme, tel la châsse d'une sainte relique. Je cherche à m'envoler, à être plus haut, plus... mais je vole comme une bulle de savon, charmante, colorée, brillante... et comme une bulle de savon, je suis ballottée par les courants d'air, par les vents des émotions, je pourrais éclater si facilement, éclater un une cascade iridescente de larmes salées... Peut-être devrais-je m'éclater et laisser sortir ce que je ne veux plus jamais voir ? Je ne sais pas... Devrais-je ourdir tel Hamlet une vengeance, contre moi-même ? "Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark", il y a quelque chose de pourri dans le coeur de Nuna... Soit oui, soit non, sauter le pas, sauter si bas dans ma fierté... A espérer, on s'emplit de paillettes et d'étincelles, mais quand l'on chamboule tout, ça brûle, ça pique, ça donne envie de hurler sa douleur au monde... et quand l'on veux ne pas souffrir, le mieux est encore de bruler ses vaisseaux, de briser soi-même ses illusions, mais il en reste toujours, toujours... Pourquoi toujours augmenter sa peine ? Quels résultats pourra compenser le douloureux désordre d'un coeur qui s'affole, telle une alouette dans ses derniers instants ? Le chocolat ? Le chocolats pour remplacer le sang... Peut-être, je vais voir, qui sait si...?
"Sur le bucher de mes espoirs brisées, j'étends le drap de l'étreinte de l'amitié..."


